Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, la lutteuse Chahd Jelgli, membre de l’équipe nationale tunisienne de lutte féminine, est revenue sur sa situation et a expliqué les raisons de sa décision de partir, tout en dénonçant les conditions dans lesquelles elle évolue. Se présentant comme une septuple championne de Tunisie, elle rappelle avoir remporté trois médailles d’or dans les catégories cadettes et trois médailles de bronze chez les seniors aux championnats d’Afrique, ainsi que deux médailles d’or et une médaille d’argent aux championnats arabes.
Dans son message, Chahd Jelgli commence par présenter ses excuses à sa famille, qu’elle dit avoir « inquiétée et épuisée ». Elle explique avoir pris la décision de partir sans leur accord et sans même les en informer, affirmant qu’elle n’avait, selon ses propres termes, « pas d’autre choix ». La lutteuse affirme ensuite que le salaire d’élite d’un sportif tunisien s’élève actuellement à 250 dinars, une somme versée, selon elle, tous les six mois. Elle précise que c’est le montant qu’elle percevait et affirme n’avoir toujours reçu « aucun centime » de la prime liée au championnat d’Afrique 2024-2026. Elle ajoute que, depuis le mois de mai, elle ne perçoit plus non plus l’allocation mensuelle.
La sportive dénonce également les difficultés matérielles auxquelles elle serait confrontée dans sa préparation. Elle affirme s’entraîner matin et soir sans bénéficier d’aucun complément alimentaire, alors qu’elle doit, selon elle, perdre au minimum neuf kilogrammes avant chaque compétition internationale ou nationale. « La seule ambition d’un lutteur tunisien aujourd’hui est d’entendre qu’on l’a enfin payé », déplore-t-elle, estimant que même cette simple annonce reste rare.
Chahd Jelgli évoque également la préparation précédant le championnat méditerranéen. Elle indique avoir effectué un stage au Kirghizistan, où elle s’est entraînée avec des lutteuses de la catégorie cadettes âgées de 14 et 15 ans. Une situation qu’elle juge inadaptée à son niveau de compétition, alors qu’elle devait, selon elle, affronter lors d’une grande échéance internationale des championnes du monde. Elle regrette qu’en cas de mauvais résultat, « toute la faute » lui soit ensuite imputée.
La lutteuse affirme enfin que ses difficultés s’inscrivent dans un contexte plus large, faisant référence à la situation générale que traverse actuellement la Tunisie. Elle s’interroge ainsi sur les conditions dans lesquelles les sportifs sont appelés à poursuivre leur carrière : « C’est ça, la situation dans laquelle vous voulez que je reste ? » Malgré les difficultés évoquées, Chahd Jelgli assure qu’elle conserve ses ambitions et sa détermination. « Moi, j’ai toujours un objectif. Et in shâ’ Allah, mon rêve est devant moi, et j’y arriverai », conclut-elle dans son message.




