La Tunisie a besoin d’environ 40 000 dons de sang supplémentaires par an pour couvrir ses besoins nationaux et garantir la continuité de l’approvisionnement en ce produit vital au profit des patients, a déclaré Manel Chaabane, responsable au Centre national de transfusion sanguine.
Dans une déclaration à l’agence TAP ce mardi, Chaabane a précisé que le système national de transfusion sanguine a permis de collecter environ 250 000 unités en 2025, alors que les besoins réels se situent entre 290 000 et 300 000 unités par an, ce qui met en évidence un déficit nécessitant une participation accrue au don.
Elle a indiqué que le Centre national de transfusion sanguine et les cinq centres régionaux de Sousse, Sfax, Gabès, Gafsa et Jendouba ont permis de collecter environ 167 000 dons en 2025, tandis que le Centre militaire de transfusion sanguine a contribué à hauteur de 14 000 dons, auxquels s’ajoutent environ 69 000 dons provenant des banques de sang des hôpitaux publics.
En ce qui concerne les stocks, Chaabane a indiqué que le stock national de sang couvre actuellement les besoins pour cinq jours, précisant que ce niveau est fortement influencé par un certain nombre de périodes saisonnières, le rythme des dons diminuant notamment pendant le mois de ramadan, en raison de la réticence de nombreux citoyens à donner leur sang pendant le jeûne, ainsi que pendant les vacances d’été, notamment en raison de l’arrêt des activités de don au sein des universités et des établissements d’enseignement.
Elle a ajouté que pour surmonter ce problème, le Centre national de transfusion sanguine s’est attaché à intensifier ses efforts pour attirer davantage de donneurs volontaires, en organisant des campagnes de sensibilisation et en communiquant régulièrement avec les donneurs enregistrés, dans le but d’assurer la continuité des dons et d’éviter toute pénurie d’approvisionnement en sang.
Dans ce contexte, Chaabane a souligné l’importance d’ancrer une culture de don régulier, affirmant que cette procédure est totalement sûre et ne présente aucun risque pour la santé du donneur, puisqu’elle s’effectue dans un cadre réglementé et sous une surveillance médicale rigoureuse.
“On utilise du matériel médical stérilisé et à usage unique, ce qui empêche la transmission d’infections, tandis que le sang des donneurs est soumis à des analyses de laboratoire rigoureuses visant à détecter les maladies transmissibles par le sang avant son utilisation” a-t-elle fait savoir.
Elle a précisé que le don de sang s’effectue selon une fréquence déterminée : un homme peut donner jusqu’à 5 fois par an, contre quatre fois pour les femmes, en respectant un intervalle d’au moins deux à trois mois entre chaque don. Elle a précisé qu’on prélève généralement une quantité de sang ne dépassant pas 450 millilitres, une quantité sans danger que l’organisme récupère rapidement.
À l’occasion de la célébration, le 8 avril de chaque année, de la Journée nationale du don du sang, placée cette année sous le slogan « Chaque don de sang… une histoire de vie », la responsable de la direction générale du Centre national de transfusion sanguine a renouvelé son appel aux citoyens pour qu’ils se rendent régulièrement au don de sang, compte tenu du rôle essentiel que cela joue dans le sauvetage de vies et le soutien au système de santé.



