Tunisie : 26e anniversaire du décès de Habib Bourguiba

La Tunisia commémore ce lundi 6 avril 2026 le 26ᵉ anniversaire de la disparition de Habib Bourguiba (1903-2000). Une cérémonie officielle est organisée à cette occasion, sous la supervision du président de la République, Kaïs Saïed, qui s’est rendu dans la matinée à Monastir, ville natale du leader défunt.

Considéré comme le père de la Tunisie moderne et le fondateur de la République, Habib Bourguiba est né le 3 août 1903 à Monastir. Après des études secondaires à Tunis, il poursuit sa formation à Paris dès 1924, où il obtient une licence en droit et sciences politiques avant de rentrer au pays pour exercer en tant qu’avocat.

Sur le plan politique, Bourguiba rejoint en 1933 le Parti libéral constitutionnel, avant de fonder la même année le Néo-Destour, aux côtés de figures du mouvement national. Il s’impose rapidement comme l’un des principaux artisans de la lutte pour l’indépendance face au protectorat français, au prix de plusieurs arrestations et années d’exil.

Après l’indépendance, il prend la tête du premier gouvernement tunisien et engage une série de réformes majeures visant à moderniser l’État. Parmi ses réalisations les plus marquantes figure la promulgation, le 13 août 1956, du Code du statut personnel, qui instaure notamment l’interdiction de la polygamie et encadre le divorce par la justice.

Le 25 juillet 1957, la monarchie est abolie, mettant fin au règne de Mohammed VIII al-Amin, et la République est proclamée, avec Bourguiba comme premier président. Les années suivantes sont marquées par le renforcement de la souveraineté nationale, notamment avec le départ des dernières troupes françaises en 1963, ainsi que par des réformes profondes dans les domaines de l’éducation, de la justice et des droits des femmes.

En 1974, une révision constitutionnelle lui confère la présidence à vie. Son projet de société, axé sur l’émancipation féminine, l’éducation et la modernisation économique, marque durablement la Tunisie contemporaine.

Habib Bourguiba restera au pouvoir jusqu’au 7 novembre 1987, date à laquelle il est destitué à la suite d’un changement politique conduit par Zine El Abidine Ben Ali, un événement qualifié par la suite de « changement du 7 novembre ».

Décédé le 6 avril 2000, Bourguiba repose à Monastir, laissant derrière lui l’héritage d’un bâtisseur de l’État tunisien moderne et d’une figure majeure de l’histoire nationale.