À environ 44 kilomètres des côtes libyennes, le méthanier russe Arctic Metagaz, endommagé depuis début mars, continue de dériver sans contrôle, suscitant une vive inquiétude parmi les autorités locales et les observateurs régionaux. Selon plusieurs communiqués émanant de la municipalité de Zwara, le navire se rapproche progressivement du littoral sous l’effet des vents et des courants marins, sans qu’aucune intervention concrète n’ait, pour l’heure, été constatée sur le terrain.
Gravement touché lors d’un incident survenu au large de Malte, attribué par Moscou à des attaques de drones, le navire long de 277 mètres avait été abandonné par son équipage après des explosions. Depuis, il évolue sans propulsion ni contrôle, transportant à son bord des quantités importantes d’hydrocarbures, dont du fioul lourd, du gazole et du gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui en fait une source de danger potentiellement majeure pour l’environnement marin.
Les autorités libyennes, tout en affirmant suivre la situation de près, ont exprimé leur préoccupation face à l’absence d’actions opérationnelles visibles malgré les annonces de la National Oil Corporation (NOC), qui évoquait l’arrivée d’experts internationaux et la mise en place de mesures pour sécuriser le navire. De son côté, la Commission de sûreté nationale du Haut Conseil d’État libyen a dénoncé un manque d’intervention effective et appelé à une réaction urgente afin d’éviter un scénario catastrophe.
Les risques associés à ce méthanier sont multiples. Une fuite d’hydrocarbures pourrait entraîner une pollution durable des eaux méditerranéennes, tandis qu’une défaillance du système de refroidissement du GNL pourrait provoquer une explosion aux conséquences graves sur le plan humain et environnemental. Bien qu’aucune fuite n’ait été détectée à ce stade, la situation reste jugée critique en raison de l’instabilité du navire.
Au-delà des côtes libyennes, cette dérive constitue une menace régionale susceptible d’impacter plusieurs pays riverains de la Méditerranée, dont la Tunisie. En raison des courants marins, une éventuelle nappe de pollution pourrait atteindre les côtes tunisiennes, affectant les écosystèmes marins, les ressources halieutiques et des secteurs économiques clés comme la pêche et le tourisme. Une telle situation pourrait également engendrer des conséquences environnementales durables, nécessitant des opérations de dépollution complexes et coûteuses.
Face à ces risques, plusieurs acteurs internationaux appellent à une coordination urgente afin de sécuriser le navire avant qu’il ne s’approche davantage des côtes. La surveillance reste renforcée dans la région, tandis que les autorités locales insistent sur la nécessité d’une intervention rapide et efficace pour éviter qu’un incident maritime ne se transforme en catastrophe écologique d’ampleur en Méditerranée.




