Le méthanier russe Arctic Metagaz, actuellement à la dérive en Méditerranée, suscite une vive inquiétude en raison de sa proximité avec les côtes tunisiennes, notamment l’île de Djerba et les zones du sud-est du pays. Situé à environ 53 milles au nord de Tripoli et à moins de 200 milles des côtes tunisiennes, ce navire endommagé évolue dans une zone maritime sensible, où les courants pourraient, en cas d’incident, entraîner une dispersion rapide de toute pollution vers les littoraux tunisiens. Transportant une cargaison particulièrement dangereuse composée d’environ 60 000 tonnes de gaz naturel liquéfié, stocké à très basse température, ainsi que près de 900 tonnes de diesel, le navire représente un risque environnemental et sécuritaire majeur. En cas de fuite, de rupture de réservoirs ou d’aggravation des dommages structurels, les conséquences pourraient être lourdes pour les écosystèmes marins tunisiens, notamment dans des zones déjà fragiles comme le golfe de Gabès, avec un impact potentiel sur la biodiversité, la pêche et l’économie locale.
Les autorités maritimes suivent la situation avec une grande prudence, privilégiant pour l’instant une surveillance à distance en raison des risques élevés liés à toute intervention directe. Des recommandations de sécurité ont été évoquées concernant la navigation à proximité du navire, afin de prévenir tout danger pour les autres embarcations. Par ailleurs, la nature du gaz transporté, maintenu à environ -160°C, pourrait, en cas de contact avec des eaux méditerranéennes beaucoup plus chaudes, provoquer un choc thermique susceptible d’endommager gravement la faune et la flore marines, en plus du risque de vaporisation rapide ou d’explosion en cas de fuite importante. Dans ce contexte, la situation du navire reste préoccupante pour la Tunisie, qui se trouve dans une zone potentiellement exposée à ses effets, d’où l’importance d’une coordination régionale renforcée et d’une vigilance continue afin d’anticiper tout scénario à risque en Méditerranée.




