Le secteur du microcrédit en Tunisie connaît une croissance soutenue et représente aujourd’hui un outil majeur pour les individus et les entrepreneurs ne pouvant accéder aux crédits bancaires traditionnels. En 2025, plus de 804 000 Tunisiens ont bénéficié de prêts d’un montant total de 2,596 milliards de dinars, avec un prêt moyen d’environ 4 974 dinars.
Destiné à favoriser l’autonomie financière des jeunes et des femmes et à soutenir le développement de petites entreprises, le microcrédit vise à réduire la pauvreté et à stimuler l’économie locale. Cependant, malgré ses bénéfices apparents, le secteur fait face à des défis importants : des taux d’intérêt élevés, parfois compris entre 30 % et 40 % par an, un manque de couverture géographique dans certaines régions rurales, et l’absence fréquente d’accompagnement financier ou de formation à la gestion de projets. Cette combinaison peut conduire certains bénéficiaires à contracter plusieurs prêts simultanément, accumulant ainsi les dettes et les intérêts, ce qui transforme ce qui devait être un outil d’émancipation économique en fardeau financier, renforçant paradoxalement la précarité.
Selon la Fédération nationale des petites et moyennes entreprises, le microcrédit, présenté comme un instrument social, fonctionne souvent comme une activité lucrative pour les institutions financières, qui transfèrent les risques vers les populations les plus vulnérables, consolidant ainsi un cercle de pauvreté difficile à rompre.




