La première session de recrutement de l’armée tunisienne pour l’année 2026 sera lancée le 2 mars et se poursuivra jusqu’au 10 avril prochain, a annoncé ce vendredi un responsable du ministère de la Défense, le capitaine Achraf Khlifa, au micro de la radio Express FM.
Cette campagne de conscription concerne les jeunes Tunisiens nés au cours du premier trimestre de l’année 2006, ainsi que toutes les personnes nées entre 2000 et les années suivantes et n’ayant pas encore régularisé leur situation. Les candidats sont invités à se présenter dans les principaux centres de recrutement situés à Tunis, Sousse, Béja, Gabès et Kasserine.
Le rappel à la loi est ferme : le service national reste obligatoire pour tous les hommes âgés de 20 à 35 ans, pour une durée d’un an. « Le recrutement constitue la règle générale », a insisté le capitaine Khlifa, précisant que tout manquement expose son auteur à des poursuites devant la justice militaire. Cependant, des dérogations existent, notamment une exemption exceptionnelle accordée aux personnes nées avant le 1er janvier 2000.
Le capitaine Mokhtar Zakraoui, de la Direction générale du recrutement et de la mobilisation du ministère de la Défense, également présent lors de l’entretien, a détaillé le fonctionnement de l’opération pilotée par cette direction.
Il a expliqué que le processus de conscription débute par le recensement des jeunes dès l’âge de 18 ans. Tout jeune de 20 ans est automatiquement tenu de se présenter. « En cas d’absence à l’une des quatre sessions annuelles (mars, juin, septembre, décembre), le dossier est transmis à la justice militaire pour infraction de manquement au devoir national, passible d’une peine d’un mois à un an d’emprisonnement. Le système actuel est plus rigoureux que l’ancien tirage au sort (appelé “rafle”) », a-t-il averti.
Les jeunes de 18 ans peuvent également adresser une demande au ministre de la Défense pour effectuer leur service de manière anticipée et bénéficier d’une formation professionnelle.
La loi n°2004-1 encadre strictement les cas d’exemption : inaptitude médicale validée par l’institution militaire, dépassement de l’âge légal (35 ans), prise en charge permanente de membres de la famille sans ressources (avec conditions pour le fils unique), ou situation familiale (mariage depuis deux ans sans enfants ou avec des enfants légitimes).
Les reports concernent principalement la poursuite des études, la prise en charge temporaire d’une mère divorcée ou veuve, d’un frère mineur de moins de 20 ans ou d’une sœur célibataire. Les étudiants à l’étranger bénéficient d’un report annuel renouvelable.
Pour les Tunisiens résidant à l’étranger, le travailleur ou résident de plus de 28 ans peut obtenir une exemption sur présentation d’un contrat de travail continu et d’un certificat de résidence valide. Le travailleur de moins de 28 ans bénéficie d’un report renouvelable, puis d’une exemption à partir de 28 ans.
Le recrutement des femmes concerne exclusivement les professionnelles du secteur de la santé, en vertu d’un accord interministériel. Pour les binationaux, des accords de régularisation existent avec l’Algérie, la Turquie et la France.
Les deux officiers ont lancé un appel aux quelque 54 000 jeunes hommes concernés annuellement à se manifester, que ce soit pour un recrutement, une demande d’exemption ou de report. Ils ont insisté sur le principe d’égalité entre citoyens, rappelant que tout ancien militaire reste mobilisable pendant 24 ans au sein de l’armée de réserve en cas d’urgence nationale. Enfin, ils ont précisé que les affectations individuelles restent suspendues depuis 2015, sans perspective de rétablissement à ce jour.




