Santé mentale en Tunisie : la STP appelle à une approche globale et participative

“Le ministère de la santé doit intégrer la psychologie clinique, la psychologie scolaire, la psychologie du travail et la psychologie communautaire dans sa vision nationale de réforme de la santé mentale en Tunisie”, a souligné, hier mercredi, la Société tunisienne de psychologie (STP) dans un communiqué publié sur sa page officielle.

“La réforme ne doit pas se limiter au volet médical”, estime la STP saluant, toutefois, toute initiative visant à développer les services de santé mentale, à renforcer la décentralisation et à consolider les ressources humaines.

En revanche, la STP déplore ne pas l’avoir conviée à la récente réunion élargie présidée par le ministre de la Santé et consacrée à l’examen de la situation du secteur et à l’élaboration d’une feuille de route nationale.

Elle a, dans ce contexte, souligné l’importance d’adopter une approche participative dans l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie nationale de santé mentale, appelant à l’implication de ses représentants au sein des comités consultatifs dont la création est prévue, notamment en ce qui concerne la formation, la santé mentale communautaire, la télé-psychiatrie et le soutien psychologique de première ligne.

Selon la STP, l’équité en santé ne se limite pas à la répartition des services, mais suppose aussi d’en garantir la diversité, la qualité et la complémentarité.

“Le passage de l’évaluation à l’exécution nécessite un état des lieux général et participatif englobant l’ensemble des intervenants du secteur de la santé mentale, afin de fonder une gouvernance basée sur la complémentarité entre les acteurs”, indique le communiqué.

La STP a également affirmé son ouverture au dialogue et à la coopération, ainsi que sa disposition à mettre son expertise scientifique et professionnelle au service de tout projet national sérieux au bénéfice du citoyen et du renforcement du droit à la santé mentale.

Une réunion de travail élargie, présidée avant-hier par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, avait réuni les chefs de services de psychiatrie et des représentants d’associations scientifiques afin d’examiner la situation du secteur et élaborer une feuille de route nationale. La réunion a également abouti à un accord sur la création d’une direction de la santé mentale au sein du ministère, chargée de piloter le programme, de coordonner sa mise en œuvre et son suivi, tout en soutenant la décentralisation et l’équité en santé afin de rapprocher les services des régions et de réduire les disparités.