Premier jour de jeûne : comment votre corps s’adapte et change de source d’énergie

Dès les premières heures du jeûne, l’organisme enclenche un véritable processus d’adaptation métabolique. Après environ 8 à 12 heures sans apport alimentaire, le taux de glucose dans le sang commence à diminuer et le corps puise d’abord dans ses réserves de glycogène stockées dans le foie et les muscles pour maintenir l’énergie nécessaire aux fonctions vitales. Une fois ces réserves épuisées, il amorce progressivement un changement plus profond : il mobilise les graisses accumulées et les transforme en cétones, une source d’énergie alternative particulièrement utilisée par le cerveau. Cette transition explique pourquoi certaines personnes ressentent, après quelques heures de jeûne, une sensation de légèreté ou de clarté mentale, tandis que d’autres peuvent éprouver des maux de tête, de la fatigue, de l’irritabilité ou des difficultés de concentration, notamment en cas de consommation habituelle de caféine ou de sucres.

Au cours des premiers jours, ces manifestations restent généralement temporaires et traduisent simplement l’effort d’ajustement du corps à un nouveau rythme biologique. Les hormones impliquées dans la régulation de la faim et de l’énergie s’adaptent progressivement, améliorant l’efficacité de l’utilisation des réserves internes. Si le jeûne se prolonge sans alimentation équilibrée au moment de la rupture, l’organisme peut également puiser dans une partie des protéines corporelles pour produire de l’énergie, un mécanisme naturel mais qui ne doit pas s’installer durablement afin de préserver la masse musculaire.

Pour vivre cette phase de transition dans de meilleures conditions, il est essentiel d’adopter de bonnes habitudes : s’hydrater régulièrement entre l’iftar et le suhoor pour prévenir la déshydratation, privilégier un repas de l’aube riche en protéines et en fibres afin de prolonger la satiété, dormir suffisamment pour soutenir la concentration et l’équilibre hormonal, et pratiquer une activité physique modérée comme la marche pour stimuler la circulation et le moral. Avec patience et régularité, le corps finit par « se reprogrammer », rendant le jeûne plus fluide et permettant d’en tirer progressivement les bienfaits physiques et métaboliques.