Espérance Sportive de Tunis – Petro de Luanda : un choc décisif pour une place en quarts

L’Espérance sportive de Tunis, actuelle deuxième du groupe D avec 6 points, dispute ce samedi au stade Hamadi Agrebi de Radès (17 heures) une rencontre capitale face au club Angolais de Petro Atlético avec qui il partage son rang. Un duel aux allures de “finale” pour la survie continentale. L’enjeu est clair : valider son ticket pour les quarts de finale de la Ligue des champions africaine.

Après le faux pas de la journée précédente, dimanche dernier à Bamako (0-1) face au leader, le Stade malien, qui a non seulement ruiné ses espoirs de terminer en tête de sa poule mais aussi entraîné le limogeage de l’entraîneur Maher Kanzari, remplacé à titre intérimaire par le technicien français, Christian Bracconi, le représentant tunisien arbore le slogan du rachat. Seule une issue positive lui permettra d’accéder aux quarts.

Un match nul (vierge ou 1-1) pourrait suffire à l’Espérance selon les résultats croisés, mais seule une victoire garantirait la qualification sans dépendre des calculs de la CAF sur les face-à-face

Pourtant, les coéquipiers de Béchir Ben Said ont conscience qu’une qualification acquise avec la manière renforcerait la confiance du groupe et contribuerait à apaiser le mécontentement des supporters. Ces derniers ont été déçus par les prestations en dents de scie de leurs favoris : le nul 2-2 contre les Tanzaniens de Simba après avoir été menés 2-0, la défaite 0-1 face au Stade malien, sans oublier le revers 1-2 en championnat face à l’US Monastirienne.

D’où la lourde tâche assignée à Bracconi qui devra remobiliser un groupe touché mentalement pour éviter une élimination prématurée qui serait vécue comme un séisme dans la grande famille du quadruple champions d’Afrique.

Les supporters sang et or espèrent que ce changement sur le banc provoquera l’électrochoc salvateur, permettant à l’équipe de renouer avec ses fondamentaux : la maîtrise du ballon, le pressing intense et la variété dans le jeu offensif. Il faudra parallèlement retrouver de la solidité défensive pour éviter ces erreurs individuelles qui ont offert des buts faciles, comme ce fut encore le cas à Bamako.

Dans ce duel à haute tension et malgré une atmosphère électrique en interne, l’Espérance devra puiser dans son immense expérience continentale pour gérer ce rendez-vous crucial. Elle devra également exploiter la richesse de son effectif pour naviguer en eaux calmes et poursuivre sereinement sa quête d’un titre continental qui la fuit depuis 2019. Le contingent étranger, avec le retour du défenseur algérien Mohamed Amine Tougaï, aura un rôle déterminant à jouer. Les espoirs de faire la différence, notamment en attaque, reposeront sur le Brésilien Yan Sasse, l’Algérien Kouseila Boualiya, le Burkinabé Jack Diarra et le Malien Boubacar Diakité. Le Nigérian Onuchi Ogbelu, sentinelle du milieu, aura lui la lourde tâche d’assurer l’équilibre, de protéger sa défense et de faciliter les transitions.

Même si l’Espérance, est privée de son défenseur Yassine Meriah, blessé, et de Youssef Msakni, toujours endeuillé par le décés de son père, elle aborde ce choc avec un avantage psychologique – elle n’a jamais perdu à domicile face à un club angolais et a battu son rival en finale de la Coupe de la CAF 1997 – les récentes statistiques incitent à une extrême prudence. Les trois dernières confrontations entre les deux équipes en Ligue des champions se sont en effet soldées par des matchs nuls. Cela en dit long sur la progression de Petro Atlético, champion d’Angola lors des quatre derniers exercices. Les Tunisiens devront donc faire preuve de réalisme et d’une grande rigueur tactique pour venir à bout d’un adversaire qui jouera lui aussi son va-tout, fort de ses parcours en 2021-2022 (demi-finaliste) et 2023-2024 (quart de finaliste).

Les Angolais, leaders éphémères du groupe en début de campagne, ont montré une grande solidité défensive, notamment lors de leurs déplacements à Dar es Salaam et Bamako. Ils se définissent dans une identité de jeu latino-américaine marquée, avec plusieurs joueurs portugais et brésiliens. Offensivement, le danger viendra des mouvements coordonnés des Portugais Benny et Costinha, précieux dans la construction du jeu et la création d’occasions, et du Brésilien Tiago Reis, buteur à l’aller à Luanda. Au milieu, le Portugais Jorge Pereira est chargé de donner le tempo et de récupérer les ballons, tandis que son compatriote Pedro Pinto apporte de la solidité dans l’axe. Derrière eux, le gardien Hugo Marques, titulaire indiscutable dans les cages, n’a encaissé que quatre buts en neuf matchs.

A noter, par ailleurs, que la Confédération africaine de football a désigné un corps arbitral kenyan conduit par l’arbitre Peter Waweru Kamaku pour diriger la rencontre. Waweru sera assisté de ses compatriotes, Gilbert Kipkoech Cheruiyot et Stephen Eleazar Onyango Yiembe comme assistants, et Dickens Mimisa Nyagrowa en tant que quatrième arbitre.