Ariana : garde à vue dans une affaire d’agression sexuelle présumée contre un enfant

Le ministère public près le tribunal de première instance de l’Ariana a décidé, ce vendredi, de placer en garde à vue des personnes soupçonnées d’être impliquées dans une affaire d’agression sexuelle contre un enfant âgé de moins de trois ans placé dans un jardin d’enfants à Ennasr, et ce jusqu’à la fin des investigations et la publication des rapports médicaux.

Dans un communiqué, le parquet a assuré que dès la réception d’une plainte déposée par la mère de l’enfant victime de l’agression, les investigations ont été entamées.

La plaignante ainsi que l’enfant ont été entendus et ce, en présence d’un psychologue, puis la victime a été immédiatement soumise à un examen médico-légal. Les équipes techniques se sont rendues sur les lieux et ont saisi les enregistrements des caméras de surveillance. L’ensemble du personnel du jardin d’enfants a été également auditionné.

Cette affaire d’agression a été dénoncée par plusieurs associations des droits de l’enfant qui ont exprimé leur soutien total à la victime, agressée dans un espace censé le protéger contre les risques et menaces, appelant à la fermeture immédiate de l’établissement.

Dans ce contexte, l’Organisation internationale pour la protection des enfants méditerranéens a demandé la fermeture provisoire du jardin d’enfants concerné jusqu’à la fin de l’enquête et la vérification du respect des conditions de sécurité et de protection.

Elle a souligné la nécessité de condamner toute personne pouvant être impliquée dans cette affaire de manière directe ou indirecte même suite à une négligence.

L’organisation a également souligné l’importance d’assurer une prise en charge psychologique et sanitaire urgente de l’enfant et de sa famille appelant à un respect absolu de la confidentialité afin de préserver sa dignité et son avenir.

Selon l’organisation, une telle agression constitue une violation flagrante des valeurs humaines et morales et un crime grave qui doit être sévèrement puni par la loi, ne pouvant être ni justifié ni minimisé.

“Le silence face à de tels actes représente un autre crime et sa banalisation met tous les enfants en danger”, ajoute le communiqué.

L’organisation a, par ailleurs, appelé à revoir le système de contrôle des jardins d’enfants et à renforcer les mécanismes de recrutement, de suivi et de vérification des antécédents de l’ensemble du personnel des structures d’accueil de l’enfance.

De son côté, l’association Innocence pour la protection de l’enfance menacée a estimé que cet incident s’inscrit dans « une réalité récurrente et regrettable », confirmée par les données officielles et les rapports statistiques annuels des délégués à la protection de l’enfance relatifs aux dossiers transmis à la justice.

Elle a appelé les médias à faire preuve de vigilance en évitant la diffusion d’informations permettant d’identifier l’enfant victime (photo ou nom), ce qui pourrait aggraver sa situation psychologique et porter atteinte à sa dignité.

L’association a également souligné que briser le silence et ne pas blâmer les victimes constitue un principe essentiel pour lutter contre ces phénomènes graves, appelant par ailleurs les parents à s’engager dans la sensibilisation à l’éducation sexuelle et à informer leurs enfants dès le plus jeune âge sur le corps et le respect des limites d’autrui.

Elle a, en outre, signalé que le devoir de signalement relève d’une responsabilité morale et juridique collective rappelant que la législation tunisienne protège l’identité du déclarant même en l’absence de menace avérée pour la sécurité de l’enfant.