Parmi les médicaments figurant sur la liste noire 2026 de la revue Prescrire, certains sont extrêmement répandus en Tunisie, notamment dans le cadre de l’automédication. C’est le cas du Smecta (diosmectite) et du Maxilase (alpha-amylase), deux produits largement prescrits et consommés, en particulier chez l’enfant et lors des affections hivernales.
Le Smecta, pansement digestif à base d’argile, est couramment utilisé contre la diarrhée et les troubles digestifs. Pourtant, Prescrire alerte sur le fait que la diosmectite peut contenir naturellement des traces de plomb, une substance neurotoxique, et que son efficacité reste limitée dans de nombreuses situations bénignes. Son usage répété, très fréquent en Tunisie, justifie donc une vigilance accrue.
Le Maxilase, utilisé contre les maux de gorge, figure également parmi les médicaments à écarter. Son efficacité clinique n’est pas solidement démontrée, alors qu’il expose à des réactions allergiques parfois graves. Malgré cela, il demeure l’un des traitements les plus banalisés en période hivernale, souvent utilisé sans avis médical.
À l’inverse, le Gaviscon, lui aussi très présent dans les pharmacies tunisiennes pour soulager les brûlures d’estomac et le reflux gastro-œsophagien, ne figure pas sur la liste noire. Il est cité par Prescrire comme une alternative plus sûre aux pansements gastriques à base d’argile, car il ne contient pas de substances potentiellement toxiques. Son action reste toutefois symptomatique et temporaire, ce qui impose un usage ponctuel et raisonné.
Ces exemples montrent que des médicaments très populaires en Tunisie peuvent présenter des risques ou une utilité limitée, même lorsqu’ils sont bien ancrés dans les habitudes. La liste noire 2026 rappelle ainsi l’importance de ne pas banaliser l’automédication et de privilégier, lorsque cela est possible, des alternatives plus sûres et un accompagnement médical adapté.




