À travers cette sortie inattendue aux accents quasi philosophiques, Fatma Mseddi pensait sans doute ouvrir un débat sur l’essence de l’amour et la perte de ses valeurs fondatrices. Mais la réception populaire de son message a rapidement déplacé la discussion vers un terrain bien plus concret.
Car si la députée invoque la sincérité, la fidélité et la pureté des intentions, les internautes, eux, rappellent que les sentiments ne flottent pas hors sol. À leurs yeux, l’amour ne peut survivre durablement dans un quotidien miné par la précarité, la défiance généralisée et l’érosion de la dignité. Entre pénuries d’eau, salaires insuffisants, services défaillants et perte de confiance dans les institutions, aimer devient un exercice conditionné par des réalités matérielles incontournables.
Ainsi, face à un discours moral perçu comme déconnecté, la réaction collective a fait office de rappel cinglant : en Tunisie, l’amour ne se décrète pas par des appels vertueux, il se construit d’abord dans un environnement social plus juste, où vivre décemment redevient possible.




