Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et longtemps considéré comme son successeur potentiel avant la chute du régime en 2011, a été tué mardi dans l’ouest de la Libye, selon des déclarations concordantes de sa sœur et de son avocat français, Me Marcel Ceccaldi, bien que leurs versions divergent sur les circonstances exactes.
Âgé de 53 ans et toujours recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité, Seïf al-Islam Kadhafi avait tenté, au fil des années, de se forger une image de réformateur. Cette réputation s’était effondrée au début de la rébellion de 2011, lorsqu’il avait menacé d’une répression sanglante. Il avait également fait la une de l’actualité en France en accusant Nicolas Sarkozy d’avoir bénéficié de financements libyens pour sa campagne de 2007, dans une affaire qui a conduit à la condamnation de l’ancien président français.
Selon sa sœur, citée par une télévision libyenne, il aurait été tué près de la frontière avec l’Algérie. Me Ceccaldi a, pour sa part, affirmé à l’AFP que son client avait été abattu à Zenten, à son domicile, par un commando de quatre hommes. Une version appuyée par l’un de ses conseillers, qui a évoqué une attaque menée après la neutralisation des caméras de surveillance.
L’identité des assaillants demeure inconnue. L’avocat a toutefois indiqué avoir été informé, quelques jours auparavant, de préoccupations liées à la sécurité de Saïf al-Islam, qui aurait refusé une protection supplémentaire proposée par des proches.
Arrêté en 2011 dans le sud de la Libye, détenu à Zenten puis condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès controversé, il avait par la suite bénéficié d’une amnistie. Son lieu de résidence restait incertain ces dernières années. En 2021, il avait déposé sa candidature à l’élection présidentielle, finalement reportée.
Pour certains observateurs, sa mort pourrait raviver les clivages politiques en Libye, voire renforcer sa stature symbolique auprès d’une partie de la population nostalgique de l’ancien régime.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, le pays demeure divisé entre deux autorités rivales : le Gouvernement d’unité nationale (GNU) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et une administration installée à l’est, à Benghazi, sous l’influence du maréchal Khalifa Haftar.




