Intempéries : Nabeul, région la plus touchée par les dégâts sur le réseau routier

Le gouvernorat de Nabeul a été le plus durement touché par les fortes intempéries enregistrées les 19 et 20 janvier courant, en termes de dégâts causés aux infrastructures et aux ouvrages routiers, a indiqué le directeur général des ponts et chaussées au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, Khaled Latrech.

Ce gouvernorat compte 31 points endommagés sur les routes classées et 36 sur les pistes rurales, a-t-il précisé dans une interview accordée à l’agence TAP, au sein de son studio télévisé, dans le cadre de l’émission “La revue économique”.

Sans avancer le coût global des dégâts matériels, Latrech a précisé que ces intempéries ont causé des dommages sur 128 sites à l’échelle nationale, touchant principalement des pistes rurales et des routes dans les gouvernorats de Nabeul, Monastir, Bizerte, La Manouba, Ben Arous et Zaghouan.

S’appuyant sur un rapport préliminaire, il a souligné que la majorité des dégâts a été enregistrée au niveau des pistes rurales, en raison de la nature et de la fragilité de leur infrastructure comparativement aux autres routes et aux ponts.

Il a, par ailleurs, indiqué que les opérations de recensement des impacts des intempéries se poursuivent dans d’autres gouvernorats, notamment Jendouba et Siliana.

Le directeur général des ponts et chaussées a tenu à rassurer qu’aucun dégât notable n’a été constaté au niveau des ponts, grâce aux dispositifs de protection dont ils sont dotés et à leur conception visant à assurer l’écoulement des eaux pluviales et des crues.

Interrogé sur les causes des dommages constatés sur les routes et les pistes rurales, il a expliqué qu’ils résultent essentiellement du débordement des oueds, de la montée du niveau des eaux, de l’effet des pentes, de l’accumulation de terres et de boues, ainsi que de la détérioration des accotements et de plusieurs ouvrages hydrauliques à des degrés variables.

Les changements climatiques imposent une révision des normes de conception

Concernant les coupures de circulation, Khaled Latrech a indiqué que sept points routiers et pistes demeurent encore fermés à ce jour, dont deux pistes dans les gouvernorats de Ben Arous et de Nabeul, une route à Bizerte et une autre à Jendouba.

Il a ajouté que le ministère œuvre à désenclaver les citoyens de manière urgente, en attendant la réalisation des études nécessaires en vue d’engager des réparations structurelles, avec une reprise progressive de la circulation dans les prochains jours, selon l’état des routes.

Évoquant l’impact des changements climatiques, Khaled Latrech a souligné que l’augmentation du débit des crues et le dépassement de la capacité d’absorption des ouvrages hydrauliques conçus selon des normes anciennes accentuent les risques pesant sur les infrastructures routières. Ces évolutions imposent, selon lui, une révision des normes de conception, notamment par le relèvement des périodes de retour de 20 à 100 ans pour les routes à fort trafic.

La période de retour désigne la fréquence statistique moyenne à laquelle un événement naturel d’une intensité donnée est susceptible de se reproduire. Son relèvement permet de concevoir des infrastructures capables de résister à des phénomènes climatiques plus rares mais plus intenses, devenus plus fréquents sous l’effet des changements climatiques.