Le SNJT rend un dernier hommage au journaliste Kamel Labidi

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens a rendu dimanche, un dernier, hommage au journaliste Kamel Labidi, en présence des membres de sa famille, de ses amis, ses camarades de parcours et ses collègues.

Le président du Syndicat Zied Dabbar a souligné que le défunt n’est pas seulement un journaliste, c’est un militant qui a choisi de défendre la liberté de la presse et son indépendance et œuvré tout le long de son parcours professionnel en vue de mettre en place un cadre juridique solide pour protéger les journalistes.

Kamel Labidi était convaincu que défendre la presse ne doit pas se limiter aux salles de rédaction. Des cadres juridiques et sociétaux sont nécessaires pour permettre au journaliste d’accomplir, au mieux, sa mission.

Le président du SNJT est revenu sur le passage du regretté à la tête de l’Instance Nationale pour la Réforme de l’Information et de la Communication (INRIC), crée après la révolution. Une expérience qu’il avait menée avec un sens critique très aigu, étant conscient que ce qui menace la liberté n’est pas la répression directe mais parfois par la confiscation de la réforme et sa transformation en une façade sans contenu.

Et d’ajouter que les rapports et les visons élaborés par l’INRIC ont constitué une importante référence de réforme pour le secteur.

La création, plus tard, par Kamel Labidi de l’Association Vigilance pour la Démocratie et l’Etat Civique a constitué le couronnement d’un parcours basé sur la conviction que la presse ne peut prospérer sans un État de droit, et que la liberté ne peut résister si elle n’est pas soutenue par des institutions.

Pour le président du SNJT, le décès de Kamel Labidi constitue une perte pour la presse tunisienne “nous perdons aujourd’hui un homme mais en même temps, nous retenons une leçon : le journaliste n’est plus neutre face à l’oppression et la liberté ne se défend pas par les discours mais par l’engagement quel qu’en soit le prix.

Kamel Labidi a mené une carrière journalistique à l’Agence Tunis Afrique Presse et collaboré avec plusieurs médias étrangers.

Diplômé de l’Institut de presse et des sciences de l’information de Tunis (IPSI), il était connu pour son engagement en faveur de la réforme des médias et de l’action syndicale.

Après la chute du régime de Ben Ali en 2011, il a été choisi pour présider l’Instance Nationale pour la Réforme de l’Information et de la Communication (INRIC), un organisme indépendant post révolutionnaire.

Lors de son mandat au sein de cette instance, il a supervisé le dialogue sur le vide juridique prévalant dans le secteur avec pour objectif l’élaboration d’un cadre juridique organisant la liberté de la presse et les médias tout en assurant la protection des journalistes.

Après l’INRIC, Kamel Labidi crée l’Association Vigilance pour la Démocratie et l’Etat Civique (Yaqadha).

Son engagement en faveur des droits humains est tout aussi résolu. Entre 1995 et 1996, il a occupé le poste de directeur du bureau tunisien d’Amnesty International.

Il a ensuite travaillé comme coordinateur du programme d’éducation aux droits de l’Homme au bureau régional d’Amnesty International à Beyrouth, conseiller du Réseau international d’échange d’informations sur la liberté d’expression, puis représentant et conseiller du Comité pour la protection des journalistes pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Le regretté a publié de nombreux articles et analyses sur les médias, la politique et la liberté de la presse en Tunisie, et a participé à des conférences et des séminaires sur la réforme des médias et la liberté d’expression.

Kamel Labidi est titulaire d’une maîtrise en journalisme de l’Institut de presse et des sciences de l’information (1975), d’une maîtrise en littérature anglaise de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis (1976), ainsi que d’un diplôme d’études approfondies en sciences de la communication de l’Université Paris II.

Labidi est décédé aux Etats-Unis le 17 janvier aux Etats Unis d’Amérique. Il sera inhumé demain, lundi, au cimetière Bouhjar à Monastir après la prière d’El Asr.

Dans un faire-part, le SNJT avait écrit que le défunt comptait parmi les voix les plus éminentes dans la défense de la liberté de la presse, de l’expression et de la parole libre. Il a consacré sa vie professionnelle et militante à la lutte contre la censure et les restrictions imposées aux journalistes, à la défense de l’indépendance des médias et à l’instauration d’un journalisme responsable et professionnel, fondé sur le droit d’accès à l’information et le respect de la déontologie, convaincu que la liberté d’expression est un pilier fondamental de toute oeuvre démocratique.