L’arraisonnement du pétrolier GRINCH par la Marine nationale française illustre la montée en puissance d’un phénomène devenu central dans le commerce énergétique sous sanctions : la « flotte fantôme » russe.
Derrière cette appellation se cache un réseau tentaculaire de navires-citernes opérant à la lisière du droit maritime, multipliant les changements de noms, de pavillons et de propriétaires afin de dissimuler l’origine des cargaisons et de contourner les restrictions internationales. Ces bâtiments, souvent anciens et insuffisamment assurés, naviguent dans une opacité quasi totale, recourant à des transbordements en mer et à la manipulation des systèmes de localisation.
Leur prolifération inquiète à la fois les États riverains, les ports et les assureurs, car elle fait peser des risques sécuritaires, économiques et environnementaux majeurs, particulièrement en Méditerranée où la densité du trafic et la fragilité des écosystèmes amplifient les conséquences potentielles du moindre incident.




