Le journaliste et militant tunisien Kamel Labidi est décédé, samedi matin, a annoncé un membre de sa famille à l’agence TAP.
Il a mené une carrière journalistique à l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP) et collaboré avec plusieurs médias étrangers.
Diplômé de l’Institut de presse et des sciences de l’information de Tunis (IPSI), Kamel Labidi était connu pour son engagement en faveur de la réforme des médias et de l’action syndicale.
Après la chute du régime de Ben Ali en 2011, il a été choisi pour présider l’Instance Nationale pour la Réforme de l’Information et de la Communication (INRIC), un organisme indépendant post révolutionnaire.
Lors de son mandat au sein de cette instance, il a supervisé le dialogue sur le vide juridique prévalant dans le secteur avec pour objectif l’élaboration d’un cadre juridique organisant la liberté de la presse et les médias tout en assurant la protection des journalistes.
Après l’INRIC, Kamel Labidi créé l’organisation « Yaqadha » pour les libertés.
Son engagement en faveur des droits humains est tout aussi résolu. Entre 1995 et 1995, il a occupé le poste de directeur du bureau tunisien d’Amnesty International.
Il a ensuite travaillé comme coordinateur du programme d’éducation aux droits de l’Homme au bureau régional d’Amnesty International à Beyrouth, conseiller du Réseau international d’échange d’informations sur la liberté d’expression, puis représentant et conseiller du Comité pour la protection des journalistes pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.
Le regretté a publié de nombreux articles et analyses sur les médias, la politique et la liberté de la presse en Tunisie, et a participé à des conférences et des séminaires sur la réforme des médias et la liberté d’expression.
Dans un faire part, le Syndicat national des journalistes tunisiens (TAP) déplore la disparition d’un journaliste et d’un défenseur des droits humains de premier plan, après un parcours professionnel et militant riche, consacré à la défense de la liberté de la presse et des droits de l’Homme.
Kamel Labidi est titulaire d’une maîtrise en journalisme de l’Institut de presse et des sciences de l’information (1975), d’une maîtrise en littérature anglaise de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis (1976), ainsi que d’un diplôme d’études approfondies en sciences de la communication de l’Université Paris II.
Le SNJT souligne que le défunt comptait parmi les voix les plus éminentes dans la défense de la liberté de la presse, de l’expression et de la parole libre. Il a consacré sa vie professionnelle et militante à la lutte contre la censure et les restrictions imposées aux journalistes, à la défense de l’indépendance des médias et à l’instauration d’un journalisme responsable et professionnel, fondé sur le droit d’accès à l’information et le respect de la déontologie, convaincu que la liberté d’expression est un pilier fondamental de tout processus démocratique.
Labidi est décédé aux Etats-Unis, selon la source familiale qui précise que les détails sur les obsèques qui auront lieu dans sa ville natale “Bouhjar” (Gouvernorat de Monastir) seront communiqués ultérieurement après le rapatriement de sa dépouille.




