Selon le professeur Amin Arnaout, spécialiste en psychiatrie à l’hôpital Razi, la Tunisie connaît depuis 2020 une augmentation significative des cas de dépression, touchant environ 13 % de la population selon les dernières études scientifiques.
Cette hausse serait liée à des facteurs multiples, notamment génétiques et environnementaux, ces derniers étant les plus prégnants dans le contexte tunisien actuel. En effet, les pressions économiques, sociales et politiques, exacerbées depuis la révolution, contribuent fortement à cette propagation. Le professeur Arnaout précise que la dépression est un trouble temporaire dans la majorité des cas, disparaissant après traitement médicamenteux et élimination des causes déclenchantes, mais qu’elle peut parfois devenir chronique, surtout lorsqu’elle est d’origine génétique. Il distingue également la dépression du simple état de tristesse : alors que cette dernière dure moins de 15 jours et présente des symptômes moins sévères, la dépression se caractérise par une perte d’intérêt pour les activités quotidiennes, un isolement social et un négligence de soi.
Malgré cette prévalence élevée, la sensibilisation à la santé mentale progresse en Tunisie, et les tabous autour des maladies psychiques diminuent, plaçant le pays en première position arabe et quatrième mondiale pour le taux de déclaration des troubles psychiques, selon le rapport récent de World Population Review.




