Au total, 3 064 alertes citoyennes liées à des problèmes d’accès à l’eau ont été recensées en 2025, reflétant la persistance et l’aggravation de la crise hydrique dans les différentes régions du pays, selon le rapport annuel de l’Observatoire tunisien de l’eau récemment publié.
Les perturbations de l’approvisionnement et les coupures d’eau constituent la part la plus importante, avec 2 666 signalements, soit 87 % du total.
Dans ce rapport consacré aux violations du droit à l’eau, établi sur la base d’un suivi direct des signalements des citoyens, l’Observatoire estime que le recours continu au système de « distribution par quotas » n’a pas abouti aux résultats escomptés.
Il souligne l’absence d’un mécanisme d’évaluation clair et transparent permettant de mesurer l’efficacité de ce système, son impact réel sur la durabilité des ressources ou sa capacité à satisfaire les besoins minimaux des citoyens.
Par ailleurs, 185 signalements de fuites d’eau ont été enregistrés, ce qui nécessite, selon l’organisation, une intervention urgente pour la maintenance des réseaux vétustes afin de limiter les pertes importantes d’eau.
Concernant les mouvements de protestation, l’Observatoire a recensé 170 actions, un indicateur révélateur de la montée des tensions sociales liée à l’instabilité de l’approvisionnement en eau.
Il a également, relevé 43 signalements liés à la qualité de l’eau, soulevant des défis sanitaires supplémentaires dans certaines régions.
Sur le plan géographique, le gouvernorat de Gafsa arrive en tête de la carte de la soif avec 376 signalements, suivi de Sfax (230), Ben Arous (219) et Médenine (211).
La concentration des alertes dans ces principaux foyers de pénurie d’eau en Tunisie confirme que la crise n’est plus uniquement liée aux facteurs climatiques, mais aussi aux insuffisances en matière de gestion et de distribution des ressources.
Au regard de ces données de terrain, l’Observatoire tunisien de l’eau insiste sur la nécessité de mener une évaluation globale et indépendante du système de « distribution par quotas ». Selon lui, le maintien de ce système sans publication de résultats scientifiques prouvant son efficacité ne fait qu’aggraver les souffrances des citoyens.
L’organisation appelle également, à renforcer la transparence dans la communication, en informant les citoyens de manière préalable et régulière des programmes de maintenance, afin d’éviter les coupures imprévues.
Enfin, elle plaide pour une réforme structurelle du système hydrique, en accordant la priorité absolue à la maintenance et au renouvellement des réseaux, afin de réduire les taux élevés de gaspillage.




