L’expert fiscal Iskander Salami a mis en garde contre les risques juridiques et économiques liés à l’application du système de facturation électronique en Tunisie, entré en vigueur au 1er janvier 2026 dans sa version actuelle. Selon lui, la confusion sur les catégories d’opérateurs concernées découle des tentatives d’interprétation du texte ou d’exclusion de certaines activités.
Salami rappelle que, selon la classification nationale des activités économiques, le secteur tunisien se divise en commerce, industrie et services, et que tout opérateur fournissant un service, quelle que soit l’ampleur de son activité, est soumis à la facturation électronique, y compris les services après-vente des industries ou les prestations de construction, d’électricité et de maintenance. Il souligne que cette obligation n’est pas totalement nouvelle, puisque l’article 18 du Code des impôts sur le revenu et sur la TVA imposait déjà l’émission de factures aux assujettis, et que le système avait commencé à être appliqué progressivement depuis 2016 pour certaines entreprises publiques, avant de s’étendre aux secteurs de la santé, des carburants et des transactions interprofessionnelles.
Toutefois, l’expert alerte sur le fait que la généralisation rapide actuelle, qui touche des centaines de milliers d’opérateurs simultanément, risque de placer de nombreux acteurs en situation de non-conformité involontaire, en raison d’un manque de préparation ou de contraintes matérielles.




