Le juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis I a décidé, mercredi, de maintenir le journaliste Zied El Heni en liberté, dans une affaire intentée contre lui par la municipalité de Carthage.
Le journaliste a comparu, ce mercredi, devant le 17e juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis I, à la suite d’une plainte déposée contre lui par la municipalité de Carthage, qui l’accuse d’avoir “usé de sa qualité et, de ce fait, se procurer à lui-même ou à un tiers un avantage injustifié”, au sens de l’article 96 du Code pénal.
Dans une déclaration accordée à l’agence Tunis-Afrique-Presse (TAP), Zied El Heni a affirmé que cette plainte intervient à la suite d’une plainte intentée en 2023 et qui concerne “des différends” en lien avec ses responsabilités au sein de la municipalité de Carthage lorsqu’il y faisait partie du conseil municipal.
Un communiqué du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), publié ce mercredi, a précisé que l’affaire concerne un différend entre Zied El Heni et la municipalité de Carthage datant de la fin des années 1960. Une première enquête avait déjà été ouverte sur ce dossier en 2023.
En solidarité avec Zied El Heni, le Syndicat des journalistes tunisiens a organisé, ce mercredi, un rassemblement devant le tribunal de première instance de Tunis. Les participants ont appelé à la libération des journalistes et activistes poursuivis au sens du décret-loi 54.
Le président du SNJT, Zied Dabbar, a mis en exergue les difficultés auxquelles font face les journalistes pendant l’exercice de leur profession. “Avec le décret-loi 54, tout travail journalistique devient susceptible de poursuites judiciaires et d’emprisonnement”, a-t-il déploré.
Il a appelé les députés de l’Assemblée des représentants du peuple à élaborer une législation qui garantit la liberté de la presse et des médias et partant, la liberté d’exercice de la profession de journaliste.
Pour lui, “il est inconcevable de délaisser les décrets-loi 115 et 116 et d’adopter une législation liberticide.”