Le collectif citoyen “Soumoud” estime que la coalition au pouvoir a “planifié” le remaniement ministériel qui est composé, pour la grande majorité, de personnalités acquises à sa cause.
Ce gouvernement est “politique” et son rendement n’engage que les partis “Qalb Tounes” et en particulier Ennahdha, qui a choisi de “gouverner derrière le rideau” pour éviter d'”assumer la responsabilité de l’échec de ses politiques” suivies tout au long de ces dix dernières années.
Dans une déclaration, rendue publique, mercredi, le collectif “Soumoud” a souligné que ces politiques ont “porté atteinte aux fondements de la souveraineté nationale”, “disloqué les institutions de l’Etat” et “anéanti” complètement l’économie tunisienne.
Cette nouvelle composition ministérielle, la cinquième du genre en moins de quinze mois, qui s’apprête à diriger le pays témoigne de “la fragilité du système politique actuel et de son incapacité à réaliser la stabilité nécessaire”.
Dans sa déclaration, le collectif “Soumoud” écrit que “les protestations” qui ont éclaté il y a quelques jours dans différentes régions du pays et menées essentiellement par des groupes de jeunes, sans tenir compte de ceux qui les soutiennent ou qui tentent de les exploiter, sont le résultat d'”une génération qui a vécu le déclin du rôle de l’Etat”, “l’effondrement des systèmes d’éducation et de santé”, “la panne de l’ascenseur social” et “la désertification culturelle” qui les pousse parfois, à ressentir un sentiment de non-appartenance, en plus d’un manque de confiance en l’avenir.
Le collectif “Soumoud” a, dans ce sens, dénoncé les arrestations d’un certain nombre de blogueurs et d’activistes de la société civile et appelé les forces démocratiques et civiles à soutenir les manifestations pacifiques et à les encadrer.
Il les invite aussi à “participer aux pressions” sur le pouvoir exécutif pour trouver des solutions urgentes aux classes sociales fragiles et pour épargner au pays “une explosion sociale” qui menacerait l’Etat et le processus démocratique.
Le collectif a indiqué, dans sa déclaration, que le pays a un besoin urgent de réformes profondes, estimant que “la classe gouvernante” est incapable, aujourd’hui, de s’engager dans un processus de réforme.
Et d’ajouter que “le congrès national populaire de salut que la coalition a décidé de préparer avec des partenaires d’organisations nationales, des composantes de la société civile et des forces politiques, démocratiques et civiles, demeure l’un des mécanismes capables de proposer une vision sérieuse des réformes urgentes à entreprendre”.