Des associations tunisiennes en France prônent la lutte contre la pauvreté

La lutte contre la pauvreté et la marginalisation des zones défavorisées ainsi que le développement économique et l’équité sociale, sont « parmi les pistes qui doivent guider la réflexion dans la lutte contre le terrorisme », ont estimé les représentants de la société civile tunisienne en France, lors d’une rencontre organisée samedi à la Maison du Tunisien à Aubervilliers.

Lors de cette rencontre organisée à l’initiative de l’Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT), la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté de deux rives (FTCR) et l’Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Samir Cheffi, secrétaire général adjoint de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), a recommandé “l’urgence d’ouvrir un débat et d’organiser des ateliers de réflexion pour lutter contre le terrorisme”.

Dans une déclaration à l’agence Tap à Paris, le syndicaliste a souligné que la lutte contre le terrorisme “passe par des réformes de grande envergure dans différents domaines”, citant en particulier le modèle de développement économique et les programmes d’éducation.

Pour Houcine Jaziri, député à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), dont la participation à la réunion a été critiquée par certains participants, il a relevé que la lutte contre le terrorisme nécessite de travailler ensemble, évoquant l’élan de solidarité des citoyens de la ville de Ben Guerdane, attaquée le 7 mars dernier par un groupe terroriste.

De même, la députée Khaoula Ben Aicha a indiqué que “la démocratie implique le pluralisme”, rappelant que la Tunisie mène une guerre contre le terrorisme d’où la necessité de mobiliser toutes les forces vives du pays.

Pour Nisaf Ghenania, proviseure adjointe dans un établissement public, la lutte contre la pauvreté est la meilleure solution pour éradiquer le fléau du terrorisme en Tunisie. “Il faut développer l’économie tunisienne pour éviter le départ des jeunes tunisiens en Syrie. Sans diplômes ni travail ils sont embrigadés par les terroristes”.

Ghenania considère que la réflexion sur la question du terrorisme “doit être engagée au sein même des établissements de l’éducation ». Elle estime que si des jeunes diplômés, issus de classe moyenne, sont recrutés par les réseaux terroristes “c’est que nous avons raté quelque chose dans l’éducation”.

Chems Tounsi, jeune étudiant à la Sorbonne considère que la lutte contre le terrorisme passe à travers l’amélioration de la communication des structures sécuritaires et des forces armées. “Il faut investir dans la communication des forces armées car la lutte contre le terrorisme c’est, tout d’abord de la communication », a-t- il insisté.

Les questions du développement économique des zones défavorisées, le partage équitable des richesses et les facilités d’investissement ont été évoquées respectivement par Majdi Jeljeli, chef d’entreprise et Lachhab Lachab, commerçant.

Majdi considère que le développement économique reste la meilleure solution pour éradiquer ce fléau et venir en aide aux jeunes chômeurs. Lachhab propose pour sa part de promouvoir l’investissement dans les régions défavorisées, notamment dans le bassin minier.