Tunisie : Vers un contrôle du rendement et des résultats

La réalisation des plus hauts niveaux d’efficience en matière de contrôle des dépenses publiques nécessite d’optimiser la coordination entre les différentes structures de contrôle et de passer d’un contrôle de la légitimité à un contrôle du rendement et des résultats, a indiqué Mohamed Bouchouicha, président du comité général de contrôle des dépenses publiques.

Dans une déclaration, à l’agence TAP, le responsable de cette structure, relevant de la présidence de la présidence du gouvernement, a souligné lundi, à Hammamet, en marge du colloque annuel du comité, que la promotion du contrôle des dépenses publiques nécessite une volonté politique et l’adoption du contrôle de suivi et de réalisation.

En effet, a-t-il relevé, le contrôle de la légitimité, qui concerne le respect des règles régissant les marchés publics, a montré ses limites. Il a affirmé que la Tunisie a entamé, depuis peu, une nouvelle expérience relative au système de gestion du budget par objectifs (GBO).

Dans le cadre de cette approche, le contrôle de la légitimité cède la place au contrôle par objectifs. Bouchouicha a mis l’accent sur l’importance d’assurer une meilleure coordination entre les différentes structures de contrôle partant du contrôle des dépenses publiques, au contrôle général des services publics pour en arriver à la cour des comptes, outre le contrôle parlementaire (contrôle du budget au début et à sa clôture).

De son côté, Samir Annabi, président de l’instance nationale de lutte contre la corruption a déclaré, à l’agence TAP, que l’efficience de l’opération de contrôle nécessite une indépendance du contrôle, laquelle indépendance ne peut être assurée qu’à travers l’existence d’un contrôle externe.

Ce contrôle devrait être assuré par des structures indépendantes, à l’instar de la cour des comptes et l’instance supérieure indépendante de lutte contre la corruption.

L’incapacité du contrôle interne à se corriger de lui-même révèle le besoin d’assurer un contrôle externe indépendant, à même de surmonter les obstacles rencontrés par l’autocontrôle.

Chaque structure est appelée, également, à jouer pleinement son rôle afin de réaliser une opération de contrôle complète qui répond aux critères de l’efficience et de la gouvernance des dépenses publiques.

Organisé les 16 et 17 mars, à Hammamet, le colloque se tient sur le thème « le contrôle des dépenses fondement de la gouvernance des dépenses ».