Tunisie : La LTDH pointe du doigt des « dysfonctionnements » dans le déroulement des législatives

La Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme a tenu lundi une conférence de presse au cours de laquelle elle a pointé du doigt « les dysfonctionnements » qui ont accompagné le processus électoral en Tunisie depuis l’élaboration de la loi électorale et la mise en place de l’ISIE, jusqu’à l’organisation des législatives le 26 octobre.

Balkis Mechri, vice-présidente de la LTDH a indiqué à cette occasion que l’Observatoire national pour l’observation des élections, qui dispose de 3200 observateurs répartis sur les différentes circonscriptions électorales, a pu identifier plusieurs « dysfonctionnements » dans l’opération électorale.

D’après elle, les lacunes de la loi électorale et le rendement de l’Instance supérieure indépendante pour les élections ont largement contribué aux dysfonctionnements relevés, outre la lenteur enregistrée dans la garantie de la neutralité des mosquées et des lieux de culte.

La vice-présidente de la LTDH a attiré l’attention sur le fait que la loi électorale ne peut intervenir dans la sanction des crimes électoraux, le contrôle de l’argent suspect en politique ni les fraudes des parrainages à l’élection présidentielle. Elle a déploré à cet égard la négligence des propositions avancées par la société civile en ce sens.

Pour sa part, Ahmed Kaali, membre du bureau directeur de la LTDH a estimé que le droit de vote n’a pas été garanti pour tous les électeurs lors des législatives. D’après lui, plusieurs tunisiens qui se sont inscrits volontairement à l’intérieur ou à l’extérieur du pays ainsi que des personnes porteuses de handicap n’ont pu exercer ce droit constitutionnel. Ce qui constitue, a-t-il dit, une violation des principes élémentaires de suffrage.

Fethi Hammami, membre du bureau directeur de la LTDH et membre de l’Observatoire des élections a évoqué la sous représentation des femmes au sein des sections régionales des élections qui ne dépasse pas les 11% contre 30% de femmes représentées à l’ISIE.

Concernant la couverture médiatique des élections législatives, Fethi Hammami a relevé une interdépendance entre argent, politique et médias comme en témoigne, selon lui, l’absence de neutralité de trois chaînes de télévision qui ont une couleur politique bien définie.