Quand l’histoire et l’art se côtoient, un arôme envoûtant se dégage de l’enceinte du majestueux musée de la ville de Tunis, le Palais Kheireddine où s’est ouvert, vendredi, le vernissage de l’exposition du 1er Salon d’Automne international (SAI) de Tunisie.
Après avoir voyagé dans les plus grandes capitales du monde, le SAI débarque, pour la première fois en Tunisie avec un vaste programme artistique, du 16 au 31 mai courant, dans divers endroits de la capitale. “Le Salon d’Automne de Tunisie se tient dan un cadre magnifique”, selon Noël Coret, président du SAI français et du SAI international, également écrivain d’art et commissaire de l’exposition internationale du Salon.
“Le SAI français, créé en 1903, était la vitrine de l’art contemporain qui accueillait les artistes de tous les pays du Monde, avec pour concept la fraternité des Arts et des artistes”, dit il. C’est pour cela, dans ce Salon on ne trouve pas seulement de la peinture et de la sculpture mais tous les arts sont représentés: littérature, photographie, poésie, chant, vidéo, musique, danse, sculpture et cinéma.
“Les œuvres des 111 artistes exposant au SAI de Tunisie, sont placées dans plusieurs salles du Palais Keireddine et classées selon les couleurs, les formats et les genres”, explique la Commissaire de l’exposition, Houda Ajili. “Pour chaque artiste une seule œuvre est exposée”, précise Ajili. Et d’ajouter “30 artistes français, 60 tunisiens et les autres venus de différents pays arabes et étrangers, exposent au musée Kheireddine avec un hommage particulier à certains grands artistes tunisiens et étrangers présents au SAI de Tunisie”.
Sur les deux étages du Musée Keireddine, le visiteur peut observer, à travers plusieurs salles communicantes, la variété des couleurs et des courants artistiques à ce salon. Pour les œuvres des artistes tunisiens, le président du SAI qualifie la sélection de “parfaite, spontanée avec une symbiose dans l’écriture artistique entre la couleur et le texte”. “Parmi ce que je vois, il y a des choses très poussées et d’autres avec une écriture un peu différentes”, déclare, pour sa part, Monique Baroni, doyenne des artistes- peintres français, également présidente d’honneur du SAI international. L’exposition lui plait “parce qu’il y a une diversité, des artistes venant de tous les horizons, chacun avec sa personnalité”. Monique Baroni, aux 83 printemps et dont les œuvres sont présentes un peu partout dans le monde, est venue en Tunisie avec une œuvre riche en couleurs. Sa peinture qui chante comme une symphonie de couleurs et d’harmonie et un art de synthèse “mélangeant la figuration et la non- figuration”, d’après ses termes.
“Ce Salon est un lieu de partage et de découverte qui permettra aux artistes maghrébins de se faire connaître ailleurs”, explique Rabia Echahed, artiste marocaine qui travaille sur la musique, le cheval et la femme, dans ses œuvres reposant sur la figuration-abstraite. Son compatriote Bakhouz Rachid, jeune artiste lauréat du premier prix du SAI Egyptien, préfère, lui, parler de sa vision pour l’art et le sens noble. Pour lui, l’art est “un messager qui rapproche les artistes et les peuples”. Michela Sarti, artiste autodidacte, italo-tunisienne, est l’exemple de ce brassage entre les civilisations et les artistes. Elle estime que ce salon est “une grande opportunité pour faire connaître les artistes tunisiens qui n’ont pas les moyens d’exposer à l’étranger”.




