Tunisie : Faut-il dissocier ou non les scrutins présidentiel et législatif?

Faudra-t-il organiser des élections présidentielle et législatives simultanées ou séparées? La séance de Dialogue national de ce lundi matin n’a pas permis de trancher cette question tant les positions des partis paraissaient encore divergentes sur ce point.

Le Mouvement Ennahdha qui dispose d’une majorité relative de sièges à l’Assemblée nationale constituante s’accroche encore à sa position initiale en faveur de la concomitance des deux prochains rendez-vous.

Les autres partis représentés à la table du Dialogue national s’en tiennent à une tout autre ligne.

Ils penchent vers deux scrutins décalés. Ils demandent même que l’élection présidentielle précède les élections législatives. Le chef du bureau politique du Mouvement Ennahdha, Ameur Larayedh, trouve « malaisé » de disjoindre les deux échéances, invoquant la contrainte du facteur temps et l’écart des coûts.

Organiser deux scrutins simultanés reviendrait 30 % moins cher que s’ils sont décalés, justifie-t-il. A l’inverse, le secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié, Zied Lakhdhar, pense que la séparation des deux scrutins garantirait plus de transparence et d’efficacité d’organisation.

Le secrétaire général du mouvement Nidaa Tounes, Taieb Baccouche, défend lui aussi la configuration de deux échéances disjointes, avec un scrutin présidentiel en premier.

Les représentants des partis et du Quartette parrain du dialogue ont convenu d’une deuxième séance pour approfondir l’examen des avantages et inconvénients des divers scénarios envisageables.

Ils y ont souscrit après avoir entendu un exposé du président de l’Instance supérieure indépendante des élections. Chafik Sarsar l’a focalisé sur les aspects techniques de chacune des alternatives, mais aussi sur les contraintes juridiques et chronologiques de chaque configuration.

Dans une déclaration de presse après la réunion, Sarsar a souligné la nécessité de trancher au plus vite cette question, afin que puissent être fixées des dates officielles des prochaines élections et qu’il y ait plus de visibilité du processus électoral.