
L’importance stratĂ©gique de la base navale mĂ©diterranĂ©enne de Bizerte incite la France Ă la conserver, mĂŞme après l’indĂ©pendance de la Tunisie, en 1956. Pour la Tunisie, cette prĂ©sence est un sujet Ă©pineux. ConfrontĂ© Ă une baisse de popularitĂ©, le prĂ©sident Bourguiba voit dans le règlement de cette question une possibilitĂ© d’amĂ©liorer sa situation. Au printemps 1961, il demande au prĂ©sident Charles de Gaulle le transfert de Bizerte Ă la Tunisie.
Les relations entre les deux pays sont difficiles, surtout Ă cause du support tunisien aux rebelles algĂ©riens, et la France refuse. Tunis rĂ©agit le 17 juillet en envoyant des unitĂ©s paramilitaires du NĂ©o-Destour, le parti politique tunisien, Ă©tablir un blocus de la base. La France rĂ©plique le 19 en parachutant 7000 soldats d’Ă©lite appuyĂ©s par trois navires de guerre. La marine tunisienne se retire et le blocus est levĂ©.
Des bombardements ont lieu et les soldats français prennent le contrĂ´le d’une grande partie de la ville après de violents combats. La Tunisie suspend alors ses relations diplomatiques avec la France et saisit le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies (ONU) de la crise.
Bourguiba Ă©tant considĂ©rĂ© comme un alliĂ© de l’Occident, le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Dean Rusk s’implique personnellement dans les nĂ©gociations pour obtenir un cessez-le-feu qui est signĂ© le 22 juillet. Les combats ont fait 1300 morts du cĂ´tĂ© tunisien et 24 du cĂ´tĂ© français. Ă€ la suite d’une rĂ©solution de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU, la France quitte Bizerte quelques semaines plus tard.
Après des négociations prolongées, et le règlement de la question algérienne, la France évacuera finalement Bizerte le 15 octobre 1963. Malgré ce règlement, les relations entre les deux pays demeureront toutefois assez tièdes.
Source :Â Perspective Monde
(Photo, Sélections Vidéos: Directinfo)
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