Une phrase prononcée par Maya Jribi, dans un moment de déception ironique, est je crois très révélatrice : « la Tunisie est le seul pays au monde où la gauche est bourgeoise et la droite prolétaire » (à peu de choses près).
Que cette phrase sorte de la bouche d’une dirigeante d’un des partis les plus en vue en Tunisie (du moins pendant la campagne électorale) est symptomatique de l’incompréhension et de la profondeur du fossé séparant les partis et les élites dits « de gauche », et la masse.
La seule tendance de la gauche, si ce terme est réellement approprié à notre pays et à son histoire, qui a (bien) tiré son épingle du jeu en démentant tous les pronostics est celle qui a ménagé l’électeur tunisien dans son attachement légitime à la religion et à tous les concepts traditionnellement rattachés à la religion, et en laissant la fausse problématique laïcité/religion à ceux qui se la disputaient … et qui leur fut finalement presque fatale.
Nizar CHABBI




