«Personne n’est indispensable» avait déclaré Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha à propos du limogeage de Mustapha Kamel Ennabli, gouverneur de la BCT. Il a oublié en passant que lui-même ne l’est pas et qu’il n’a aucune prérogative démocratiquement parlant de décider de qui doit partir et qui doit être maintenu à son poste.
Aucun Tunisien n’a élu Rached Ghannouchi pour parler en son nom. En tout cas, pas ceux qui ne sont ni des militants, ni des sympathisants Ennahdha. La majorité des Tunisiens ne l’a pas plébiscité pour qu’à chaque fois, il ose négocier au nom de l’Etat, ou décider de qui doit faire quoi jusqu’à annoncer récemment sur le journal Ourabia que la Troïka chercherait à remplacer le vice-gouverneur de la Banque Centrale Ibrahim Saada, nommé à son poste en 2010 par l’ancien Président Ben Ali.
Qui gouverne aujourd’hui? Des ministres démissionnaires? Une Troïka divisée? Tombée en lambeaux à force de conflits, de désaccords et de positions contradictoires? Ennahdha, parti majoritaire et influent?
Quand un pays est sinistré, c’est un agnostique qui appelle à la prière… C’en est ainsi de la Tunisie vivant les affres angoissants du dénouement… Finies les belles promesses annoncées lors de la fameuse conférence de presse concernant la composition de la Troïka et les présidences. Et même si Hamadi Jebali, chef du Gouvernement se veut optimiste et conciliant, il semblerait que certaines choses le dépassent lui même…
Ce dont personne ne doute aujourd’hui, c’est bien le rôle de Rached Ghannouchi, président emblématique d’Ennahdha dans la prise des grandes décisions en rapport avec les affaires de l’Etat Tunisien. Cet homme qui a décidé que son beau fils doit être ministre des Affaires étrangères est plus soucieux de ses intérêts personnels que de ceux de la Tunisie.
Œuvrant dans l’ombre et décidant de tout dans les arcanes du gouvernement, sacralisé par ses partisans, obéi au doigt et à l’œil par ses disciples, dissimulant mal des ambitions hégémoniques et le rêve absurde de la Oumma islamique, du Machrek au Maghreb, Rached Ghannouchi est-il conscient que ses déclarations intempestives sapent même l’autorité du Chef du gouvernement, le faisant passer pour simple exécutant? En témoigne d’ailleurs la destitution du gouverneur de la BCT qui avait reçu des assurances de la part de Hamadi Jebali d’être maintenu à son poste avant que Rached, n’en décide autrement…
Ce même Rached aurait contacté des hauts responsables algériens pour une réunion en marge du Sommet de l’UMA à Tunis, qui ne s’y tiendra finalement pas, pour discuter du «Maghreb islamique»…
Où est la démocratie dans tout cela?
Rached Ghannouchi a-t-il été élu démocratiquement pour se prononcer au nom du peuple tunisien? Ou la prétendue démocratie serait-elle une énorme supercherie qu’on est en train de nous faire avaler afin de nous hypnotiser jusqu’aux prochaines élections?
Ce Rached Ghannouchi, malgré tout son prétendu «énorme» savoir, rêve comme Hassan Al Basri, d’une oumma islamique, et n’a pas saisi les leçons de l’histoire ni compris que l’union du Machrek et du Maghreb relève d’une utopie absurde. Ce qui nous renvoie à une anecdote de feu le Président Bourguiba, il est vrai despote mais aimant son pays plus que tout, nationaliste et visionnaire. Lorsque l’Egypte a voulu rejoindre les rangs de l’Union du Maghreb arabe, Bourguiba a répliqué: «Ce qui sépare le Machrek et le Maghreb sont le couscous et le riz. Aux frontières de la Libye disparaît l’usage du couscous et à celle de l’Egypte commence celui du riz» “wil fahem yifhim’’.
Monsieur Rached, ayez un peu de considération pour vos disciples qui vous ont accompagnés pendant des décennies et ont soutenu vos doctrines, ne leur faites pas de l’ombre car vous ne détenez pas la vérité absolue…même si eux vous dotent d’une aura sacrée… Ayez de la considération pour le peuple tunisien qui ne vous a pas élu et qui a de plus en plus le sentiment qu’il a été berné car il vous voit partout et il est de plus en plus convaincu que c’est vous qui gouvernez et pas Hamadi Jebali.
Au lieu de se concentrer sur le mythe de la Oumma, vous auriez été mieux inspiré de vous pencher sur la situation du pays, qui n’est pas des plus rassurantes quoique vous vouliez le faire croire…
A.B.A
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le modéle iranien suivi en Tunisie fait de Rached ghannouchi le dirigeant spirituel de la révolution islamique de la tunisie .
on est entrain de faire illution que nahdha ce n’est qu’un parti de ce qu’on a appelé : l’islam moderé ( modéle turque ) , et là tout le monde appercoit que c’est bel et bien le modéle de dictature iranien qui régne .
la solution est de refaire une vraie révoltion mettant dehors tous ces traites de nahdha .
rached ghannouchi : vérifiez ses mouvements , ses comptes bancaires , ses relations , vous allez percevoir que c’est le grand traitre de la Tunisie qui mérite la peine capitale !
Un article long et large pour ne rien dire! on s’en fou que ghannouchi soit élu ou non. il est à la tete de partis au pouvoir. et il parle au nom de ce parti. vous voulez qu’il cause de quoi, de recette de cuisine? soyez pas ridicule et élevez le débat.
Au lieu de continuer à harceler nahdha et aller même jusqu’à vous réfugier derrière les loups du rcd et les chiens du destour reflechissez une opposition plus intelligente et mieux structurée. si non vous allez avoir nahdha pour 50ans au pouvoir
A bon entendeur …!
Cet article met le doigt sur la plaie.Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que celui qui tire les ficelles, c’est bien Cheikh Rached Ghannouchi.Pratiquement bien des citoyens ont vu Le Chef du Gouvernement venir une fois par semaine environ voir le matin Cheikh Rached à son domicile, je ne pense pas pour boire un café, mais pour décider de ce qu’il y a lieu de faire.Les tunisiens avaient pourtant reproché au Gouvernement déchu une confusion entre l’appareil du RCD et celui de l’Etat et en avaient demandé la séparation pour l’avenir.Paroles en l’air. Parti et Etat se confondent et le résultat est la concentration des pouvoirs, la contradiction dans les décisions, la lenteur…Le grand risque est qu’avec cette confusion, les élections prochaines ne seraient pas aussi transparentes que celles du 23 octobre.Il faudrait qu’on arrive à cette séparation entre le parti et l’État mais comment?