Tunisie : Hamida Dridi dénonce le retard de la publication des décrets régissant l’Instance nationale de prévention de la torture

Auditionnée vendredi par la Commission parlementaire des droits, des libertés et des relations extérieures, la présidente de l’Instance nationale de prévention de la torture, Hamida Dridi, a dénoncé le retard pris dans la publication jusque-là des décrets exécutifs régissant le travail de l’Instance.

” Faute de cela, l’Instance est privée de son autonomie financière et administrative “, a-t-elle déploré.

” L’instance ne peut ni recruter des agents ni subvenir à ses besoin en équipements “, a-t-elle souligné.

Dressant un état des lieux dans les prisons tunisiennes, Dridi a fait état de suspicions de mort suspecte et sous la torture, de viol et de mauvais traitement dans les prisons.

” Aux côtés de la détérioration de l’infrastructure carcérale, de la mauvaise situation sanitaire et de la surpopulation carcérale, la qualité de la nourriture servie aux détenus a considérablement baissée “, a-t-elle encore constaté.

A ce propos, elle a fait état d’abus dans la gestion du budget dédié à l’approvisionnement des prisons en produits alimentaires et réclamé l’ouverture d’une enquête à ce sujet.

Selon Hamida Dridi, l’Instance a élaboré une stratégie qui s’étale sur 5 ans.

Cette stratégie, a-t-elle expliqué, prévoit une série de propositions de solution dont notamment la généralisation de la formation conformément au protocole d’Istanbul sur le Manuel d’enquête sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que l’intégration des formateurs pénitentiaires dans le ministère de l’éducation et des cadres médicaux et paramédicaux des prisons dans le ministère de la santé.

Elle a également plaidé en faveur de l’adoption rapidement des législations inhérentes aux peines alternatives pour réduire l’acuité de la surpopulation carcérale.

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