Tunisie – Sidi Bouzid : Diverses entraves limitent le rendement du secteur industriel

Le tissu industriel dans la région de Sidi Bouzid souffre d’une crise structurelle l’empêchant de devenir un catalyseur réel de l’économie locale et du développement régional, a révélé un rapport élaboré par l’agence de coopération internationale allemande (GIZ) dans le cadre de l’élaboration du plan régional de l’environnement et du développement durable, à Sidi Bouzid.

Le document, dont l’agence TAP a reçu une copie, a souligné que la crise s’est accentuée après la révolution, en raison de difficultés relatives aux demandes du marché national et d’établissement de relations avec les marchés internationaux, outre l’insécurité et le manque de stabilité politique et sociale. En effet pas mois de 6 entreprises ont mis la clé sous la porte entre 2010 et 2012, provoquant la perte de 400 emplois, a précisé le rapport.

D’autres entreprises sont au chômage technique alors que d’autres ont changé de lieu d’installation. L’activité industrielle dans le gouvernorat de Sidi Bouzid s’est limitée, selon le rapport, à la transformation première des ressources existantes dans la région, laquelle ne nécessite pas une main d’oeuvre disposant de hautes compétences.

Cette même activité s’est également limitée à quelques délégations du gouvernorat. Sidi Bouzid ville a ainsi accaparé 60% des 40 entreprises installées dans la région et 19% des emplois dont le total s’élève à 3073 postes.

La délégation de Rgueb ne comprend que 7 entreprises employant 206 travailleurs, alors que Jelma n’a que deux entreprises employant 60 agents. Les délégations de Menzel Bouzayène et de Mezzouna n’ont, à elles deux, qu’une entreprise industrielle.

Trois secteurs ont la cote dans le tissu industriel de la région, à savoir les industries agroalimentaires (35% des entreprises et 17% des emplois), le textile-habillement (25% des entreprises et 33% des emplois), les industries et matériaux de construction, de la céramique et du verre (15% des entreprises et 30% des emplois).

Le gouvernorat ne compte que deux sociétés qui emploient plus de 200 ouvriers alors que le nombre des PME est estimé à 51 et seulement 23 micro-entreprises.

La vision stratégique du plan régional de développement pour l’environnement et le développement durable, à Sidi Bouzid, prévoit un avenir prometteur au secteur de l’industrie qui constituerait un pilier du développement dans la région.

C’est un choix stratégique que la région doit intégrer dans son plan de développement. Parmi les recommandations inscrites dans le document figurent un appel à réhabiliter l’infrastructure de base, favoriser les équipements industriels adéquats, garantir un encadrement et un soutien nécessaires aux entrepreneurs et consolider le tissu industriel dans les grandes sociétés à forte capacité d’emploi.

Le secrétaire général du gouvernorat de Sidi Bouzid, Moncef Bouazizi, a précisé, dans une déclaration au correspondant de l’Agence TAP dans la région, que les efforts sont déployés pour améliorer l’infrastructure de base et réaliser des zones industrielles dans les différentes délégations.

Jusqu’au mois de janvier 2015 les travaux de réalisation de deux espaces industriels ont été achevés à Nouamer (délégation de Sidi Bouzid Est) et à Menzel Bouzayen, alors que les travaux de création d’espaces industriels à Oum Laadham, à Menzel Bouzayen, à Lassouada et à Fayedh sont en cours.

Un décret a été publié au journal Officiel, en mai 2014, concernant les réserves foncières dans les différentes délégations de Sidi Bouzid afin de résoudre le problème de changement de vocation des terres agricoles, a rappelé la même source. Les efforts se poursuivent également en cours pour accélérer la réalisation du projet de raccordement du gouvernorat de Sidi Bouzid au gaz naturel, qui est toujours en phase d’étude, et ce moyennant une enveloppe de 15 millions de dinars.

La création d’un centre de formation professionnelle multidisciplinaire, d’un coût estimé à 7 millions de dinars, et d’un technopole industriel, évalué à 1,365 millions de dinars, programmés depuis 2012, sont inscrits parmi les projets à réaliser, en plus de la régularisation de la situation de l’usine de plastique, à Mezzouna, a mis en relief le secrétaire général du gouvernorat de Sidi Bouzid. Ces projets contribueraient à la promotion du secteur industriel à Sidi Bouzid et à attirer un nombre important d’entrepreneurs, a estimé Bouazizi.