L’Etat tunisien est en situation de quasi faillite

Par : Blogs

FaouziBenAbderrahman

Publié par Faouzi Ben Abderrahman sur sa page FaceBook, ce texte traite de la situation des finances publiques, du budget, de l’urgence des réformes et de l’ampleur des difficultés:

“La finance publique de l’Etat tunisien est une situation de quasi faillite. On s’attend a un déficit de presque 9% cette année contrairement aux 5,7% prévus par Fakhfakh. Et le gouvernement actuel n’a aucune piste pour le moment pour boucler le budget de l’Etat de 2014.

L’exercice d’une loi des finances complémentaires s’avère une équation sans solution.

Le pays a tardé à considérer les vrais réformes structurelles qu’exigent le pays et son économie. Nous allons tous passer à la caisse, sauf que la grande majorité des Tunisiens n’a plus rien à donner.
Nous avons un taux de précarité alarmant (1/4 de la population), un taux de pauvreté extrême inacceptable (4%) et un taux de chômage structurel que nous n’avons pas les moyens d’endiguer.
Nous allons avoir besoin d’entamer les réformes structurelles et économiques et sociales ..

L’idée d’une conférence nationale est une excellente idée, mais en attendant , il va falloir s’attaquer aux inégalités qui rongent notre pays et afin de participer pleinement à cet effort national de survie, nous allons avoir besoin de la vérité , toute la vérité sur les causes de cette situation catastrophique, sur les montants faramineux de la dette classée de la BCT (évaluée à plus de 10.000 milliards de Dinars), sur les responsables du déficit abyssal de nos entreprises publiques (les évaluations varient entre 3000 et 12000 milliards de dinars), sur la gestion calamiteuse des actifs de l’Etat , sur la gestion des terres domaniales, sur le dossier de l’énergie , du commerce extra-légal etc ….

Nous allons avoir besoin de comprendre la structure rentière de notre économie et de bien expliquer pourquoi notre pays est fermé économiquement, et pourquoi la libre entreprise ne peut pas s’exprimer comme il se doit et pourquoi la majorité des grandes fortunes a bénéficié de ce qui communément appelé des rentes de situation extrêmement lucratives et fermant à double tour la porte contre toute concurrence loyale et pourquoi l’Etat régulateur est une partie du problème et pas de la solution.

Nous allons avoir besoin d’un gouvernement qui a le courage et la force d’aller au bout de ces réformes ou du moins de les commencer tout de suite.

Nous avons besoin de vérité pour comprendre, de justice et d’équité pour participer à l’effort national et de solidarité pour nous unir.

Si on peut avoir tout cela, je suis sûr que les tunisiens se remettront au travail”.